Henri
DELANNE (1940 - 2003)
Henri DELANNE
est
présent, tout entier, dans son oeuvre fait d'équilibre.
Des bijoux ou des scènes miniatures qu'il modelait dans la cire
avec une patience d'ange et un doigté de cousette, aux grandes
pièces d'acier soudées, prouesses d'artisan dans le souffle
de la création, cet équilibre est constant. Sa maîtrise
des proportions à toutes les échelles et son aisance dans
la construction sont bien le fait d'un sculpteur accompli.
Mais l'équilibre ne résidait pas seulement chez lui, dans
le talent. C'est pourquoi son oeuvre est à l'image de sa personnalité.
Sensible sous des aspects rudes dûs à sa stature et son
franc-parler, joyeux ou grave selon les moments, face à la vie,
il pouvait passer des coups de gueule aux coups de coeur, des éclats
de rire aux émois profonds sans être le moins du monde
versatile.
Son humanisme faisait le lien, entre tous ses états, avec cette
culture riche de l'homme curieux de toutes choses.
Dans son oeuvre, variée au possible, on retrouve ce balancement
constant, propre au principe d'équilibre, entre les différentes
sources d'inspiration comme entre les différentes techniques
utilisées.
Il avait un besoin constant de se remettre en cause, parce qu'il voulait
que créer ne soit pas synonyme de produire. Si les oeuvres de
DELANNE sont facilement reconnaissables, c'est par leur caractère
affirmé et non par ressemblance. Il ne faisait pas des DELANNE,
il créait du DELANNE. Rien dans son oeuvre n'est identique mais
tout est identifiable.
Telle est la vérité des grands.
Christian COURONNER